Corbigny

  


Franc-Nohain

Maurice Etienne Legrand est né le 25 octobre 1872 à Corbigny. Il fait des études au lycée de Nevers et à Paris au lycée Janson-de-Sailly. Il entre ensuite à la Préfecture de Nevers puis, après son service militaire, celles de Constantine et de Montauban.

En 1899 il épouse Marie-Madeleine Dauphin et abandonne l'administration pour la littérature et prend le pseudonyme de Franc-Nohain en souvenir de la rivière le Nohain près de laquelle il passait ses vacances. Il écrit alors des poèmes publiés dans la revue Le Chat noir, des livrets d'opérettes, une trilogie musicale Vive la France !. Il sera également rédacteur en chef du quotidien conservateur L'Echo de Paris.

Après la guerre qu'il termine comme lieutenant décoré de la Légion d'honneur, il publie douze livres de Fables et recevra en 1932 le grand prix de littérature de l'Académie Française.

Ecrivain aux multiples talents il meut à Paris le 18 octobre 1934 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Maurice Noguès

Maurice Noguès est né le 31 octobre 1889 à Rennes. Ayant renoncé à l'Ecole Navale pour raison de santé il se passionne pour l'aviation alors naissante et obtient son brevet de pilote en 1910. Engagé pendant la Première Guerre Mondiale, plusieurs fois blessé, il termine la guerre avec le grade de capitaine.

En 1922 il cherche à étendre les activités de la Compagnie franco-roumaine de navigation aérienne vers la Turquie, la Syrie et le Liban. Il songe alors à joindre Bagdad, simple étape vers l'Indochine. La première liaison entre Marseille et Saïgon a lieu en 1930 avec des hydravions permettant le survol de la Méditerranée.

Chef pilote de la Compagnie Air Orient il deviendra Directeur Général Adjoint de la Compagnie Air France lors de sa création. Il est décédé dans l'accident de l'Emeraude le 15 janvier 1934.

"Corbigny n'est point Morvan, il ne s'en faut que d'une semelle, Morvandelle !" chantait-on autrefois. C'est peut-être l'explication de la rivalité de Lormes avec sa voisine, à moins que ce ne soit la jalousie des Lormois devant une ville plus prospère. Les deux cités ne sont séparées, en effet, que de treize kilomètres. Située dans la plaine du Bazois à proximité du canal du Nivernais et desservie par une ligne de chemin de fer la reliant directement à Paris, Corbigny avec un peu moins de 2000 habitants est une agréable petite ville traversée par l'Anguison, un affluent de l'Yonne.

En 864 est fon­dée par Saint Egile une abbaye béné­dic­tine sous le vo­ca­ble de Saint Pier­re puis de Saint Léo­nard après le trans­fert de ses reli­ques. Deux siè­cles plus tard s'édi­fiera à proxi­mité une petite bour­gade qui se dotera de forti­fica­tions. La ville est alors une des premières étapes après le départ de Vézelay sur la route de Compostelle. Occupée par les huguenots en 1563, elle deviendra la capitale régionale du protestantisme.

L'imposante abbaye , identifiable de loin à sa tour carrée, est aujourd'hui un bâtiment classé consacré aux arts où se déroulent régulièrement des concerts réputés. Un peu plus loin, l'église Saint Seine dont l'intérieur est de style gothique flamboyant a été édifiée au début du XVIème siècle après plusieurs destructions d'une église primitive.

C'est à Corbigny qu'est né Maurice Etienne Legrand qui se fit connaître comme poète, humoriste et journaliste sous le nom de Franc-Nohain. Il est le père de Jean Nohain, célèbre animateur des premières émissions de la télévision française, et de l'acteur Claude Dauphin.

De 1901 à 1939 une ligne de chemin de fer secondaire, surnommée "le tacot" a relié Corbigny à Saulieu en passant par Lormes.

L'Emeraude

C'est le 15 janvier 1934 que la ville allait entrer dans l'histoire avec l'accident de l'Emeraude. En 1932, la compagnie Air Orient faisait étudier un avion destiné à desservir la ligne Paris - Saïgon. Le "Dewoitine 332 Emeraude" relevait le défi. Certifié en 1933, la compagnie Air France nouvellement créée le testait en décembre de la même année sur sa ligne d'extrême-orient. A son retour, il ramenait en France le Gouverneur Général de l'Indochine et son aide de camp.

Parti le 5 janvier 1934 de Saïgon, il atteignait Lyon malgré plusieurs incidents (dont la destruction partielle du train d'atterrissage à Gwadar au Balouchistan). Le 15 en début de soirée alors que le temps était exécrable sur le trajet, il décollait en direction de l'aéroport parisien du Bourget. La raison de ce départ, malgré la météo, pourrait être due à la présence à bord du Gouverneur Pasqier qui aurait été attendu en urgence à Paris. L'indisponibilité inexpliquée du terrain de secours de Paray-le-Monial aurait aggravé la situation. Toujours est-il qu'à 19 h 33, un dernier message indiquait que l'appareil traversait une tempête de neige. Sept minutes plus tard volant trop bas, sans doute en raison du poids de la neige, l'aile droite se décrochait et il s'écrasait sur une colline à l'ouest de Corbigny. L'accident, faisait dix victimes (dont Maurice Noguès, pionnier de l'aviation, Directeur Général-Adjoint d'Air France) qui, après une cérémonie à Corbigny, devaient recevoir des obsèques nationales à Paris au Grand-Palais.

En 1938 était édifié sur le lieu de l'accident un monument constitué de quatre colonnes pointées vers le ciel adossé à une stèle inclinée. Sur celle-ci sont placés dix médaillons rappelant les noms de chacune des dix victimes. La stèle, large de 26 mètres représente l'envergure de l'appareil, la hauteur du monument (19 mètres) correspondant à sa longueur. Dégradé au fil du temps, le monument a été entièrement restauré en 2003 à l'initiative de la ville et de l'association "L'avion Emeraude - janvier 1934".

Je vous propose de regarder une vue panoramique sur le Morvan depuis la table d'orientation située devant le monument.

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